Introduction
Il y a des athlètes qui gagnent parce que tout leur sourit. Et puis il y a Amélie. Celle qui se lève à 3h du matin pour son cardio, enchaîne une garde de sécurité de douze heures, prépare ses repas pesés au gramme près le soir et recommence chaque jour.
Son histoire n'est pas celle d'une sportive au profil idéal. C'est celle d'une femme qui a décidé que ses contraintes ne dicteraient pas ses ambitions. Une histoire qui mérite d'être racontée.
Un parcours hors du commun
Amélie a 33 ans et vit en Haute-Savoie. Douze ans de musculation, d'abord comme passion tranquille. Puis, il y a trois ans, le virage : la compétition de bodybuilding, catégorie Figure.
Mais avant les podiums, avant les bikinis et les projecteurs, il y a le quotidien d'agent de sécurité. Des horaires décalés, des nuits courtes, un corps sollicité différemment que dans une salle de sport. Amélie ne se plaint pas, elle s'organise.
Se lever à 3h du matin pour enchaîner 30 minutes de cardio avant d'aller au travail à 5h. Revenir, préparer les repas, s'entraîner, dormir peu. Et recommencer. Ce n'est pas de l'abnégation romantique, c'est simplement ce que ça coûte quand on veut atteindre un objectif élevé sans avoir les conditions idéales pour le faire.
« La fatigue, ça se gère pas — on fait avec. » — Amélie
Aujourd'hui en reconversion professionnelle vers le coaching sportif online, elle tourne la page d'un chapitre épuisant et aborde le prochain avec les mêmes armes qu'elle a toujours utilisées : la discipline, la rigueur, et un refus absolu de se laisser définir par ses limites.
Performer avec la sclérose en plaques
Il y a une chose qu'Amélie évoque avec une sérénité déconcertante, comme si c'était simplement un fait parmi d'autres : elle vit avec une sclérose en plaques. Une maladie auto-immune qui attaque le système nerveux central et dont la fatigue chronique est l'un des symptômes les plus invalidants au quotidien.
La SEP génère une fatigue neurologique distincte de la fatigue musculaire : plus profonde, moins prévisible, indépendante de l'effort fourni.
Pour une athlète en préparation de compétition, qui subit déjà un déficit calorique important et une charge d'entraînement élevée, cela représente un défi considérable. Amélie gère les deux simultanément.
En période de compétition, la sèche impose une réduction calorique progressive qui accentue la fatigue physique et mentale. Pour Amélie, ce n'est pas simplement "avoir faim et être fatiguée". C'est naviguer entre deux types d'épuisement, sans jamais savoir lequel va dominer le lendemain.
« J'ai une fatigue chronique, donc je dois gérer les deux en même temps. La fatigue due à la maladie et la fatigue due à la prépa. On apprend à vivre avec, et on fonce. » — Amélie
Ce qu'elle n'a jamais fait, en revanche, c'est utiliser la maladie comme une excuse. Pas par déni, mais par choix. Parce qu'elle a décidé très tôt que la SEP ferait partie de son histoire, pas qu'elle serait son histoire.
Un programme taillé pour la durée
En sport de haut niveau, il y a les programmes qui font du bruit sur les réseaux et il y a ceux qui produisent des résultats. Amélie pratique le deuxième type. Son programme Push/Pull/Legs n'a pas changé depuis deux ans. Pas parce qu'elle manque d'imagination, mais parce qu'il fonctionne.
La structure hebdomadaire : 3 jours d'entraînement — 1 jour de repos — 3 jours d'entraînement — 1 jour de repos.
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Push : Pectoraux, épaules, triceps
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Pull : Dos complet, biceps
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Legs : Quadriceps / Ischio-jambiers (alternance entre les deux cycles)
Son préparateur est Hyacine Nassir, basé à Dubaï, avec qui elle travaille depuis trois ans et entame sa quatrième année. Un préparateur qui coache principalement des athlètes professionnels se qualifiant pour l'Olympia. Le fait qu'il n'ait jamais eu besoin de changer son programme en dit long : quand un plan est juste, on l'applique.
Ce qui change en période de compétition, ce n'est pas le volume ou la structure des séances, c'est l'intensité du focus. Chaque répétition est comptée, chaque séance est à l'heure, rien n'est laissé au hasard. L'entraînement reste aussi exigeant malgré la baisse calorique progressive. C'est là que se fait la différence entre une athlète et une compétitrice.
La vie de compétitrice Figure

La catégorie Figure est l'une des plus exigeantes du bodybuilding féminin. Elle récompense l'équilibre entre masse musculaire visible, finition, symétrie et prestance sur scène. Amélie y a débuté avec une victoire et n'a pas baissé le niveau depuis.
Son palmarès :
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🥇 North Classic Cup (Nord de la France) — 1ère place, première compétition
- Vice championne de France
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Saison 2025 : 3 compétitions, phase de sèche de janvier à août — 2ème place, passage pro manqué de peu
Derrière la scène, il y a une logistique que les spectateurs ignorent souvent. La veille, les inscriptions avec badge et numéro de licence. L'application du bronzeur. Le matin J, le maquillage et la coiffure. L'échauffement dans les coulisses avec des haltères ou des élastiques. Et puis, la montée de l'adrénaline.
« On reste cinq minutes sur scène pour six à huit mois de préparation. Quand on monte, c'est pour montrer son travail pas celui des autres. Il faut toujours être fier de ce qu'on montre. » — Amélie
La réalité financière du bodybuilding féminin. Amélie ne cache pas ce que ça coûte. Un bikini de compétition oscille entre 450 et 1 000 €. Les talons réglementaires (11-12 cm minimum), le maquillage professionnel, la coiffure, tout s'additionne.
Elle opte pour la location de bikini à 120 € par compétition, ce qui lui permet de varier les tenues sans exploser le budget. Une réalité à connaître avant de se lancer.
Nutrition et supplémentation
En préparation de compétition, Amélie ne laisse rien au hasard. La nourriture est pesée au gramme près. Les horaires de repas sont fixes. Le cardio est planifié à l'heure. Dans un mode de vie aussi contraignant, la supplémentation n'est pas un luxe, c'est un outil de précision.
C'est son préparateur Hyacine Nassir qui détermine quels compléments elle prend. Amélie choisit ensuite les marques. Son choix s'est porté sur notre boutique Active Life pour la qualité des produits que nous référençons et les conseils en boutique.
Son protocole au quotidien :
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Whey isolate — récupération musculaire, apport protéique précis
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Créatine monohydrate — force et puissance malgré le déficit calorique
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Crème de riz — glucides rapides et très digestes avant/après l'entraînement
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Magnésium — gestion de la fatigue neuromusculaire, particulièrement important avec la SEP
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NAC (N-Acétyl Cystéine) — protection cellulaire, soutien immunitaire
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Chrome — régulation de la glycémie en période de restriction
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Vitamine C — soutien immunitaire et récupération
Sa recommandation pour un débutant : pas besoin de se compliquer la vie. Trois produits de base suffisent pour démarrer intelligemment — la whey isolate, la créatine, et la crème de riz.
Le mental, la vraie arme secrète
Dans le bodybuilding de compétition, tout le monde souffre de la faim. Tout le monde est épuisé en fin de sèche. La différence entre celles qui passent pro et les autres ne tient souvent qu'à un seul critère : qui craque, et qui ne craque pas.
« Si je finis deuxième, je vais penser à ce moment où j'ai mangé un bout de pain. Je n'aurais pas dû. Voilà pourquoi je ne craque pas. » — Amélie
Cette lucidité n'est pas de la rigidité, c'est de la vision à long terme. Chaque micro-décision dans la journée est évaluée à l'aune d'un objectif qui se joue en millimètres de définition musculaire sur scène.
Son rituel avant de monter sur scène est révélateur de sa personnalité : pas de mise en scène, pas de superstition. Elle va aux toilettes (le stress, c'est universel), elle pompe ses muscles pour les faire ressortir et ensuite, elle cesse de regarder les autres. Complètement. Parce qu'elle a tendance à se comparer défavorablement, elle a construit ce garde-fou : couper net. Sur scène, on ne montre pas le travail des autres, on montre le sien.
Des collègues qui lui proposent "juste un bout de hamburger" en pleine prépa ? Elle sort de la pièce. Pas d'explications infinies, pas de négociation. Elle protège sa préparation avec la même détermination qu'elle protège les lieux dans son travail de sécurité.
Objectifs : viser le statut professionnel
Amélie est actuellement en prise de masse. La prochaine compétition est prévue fin 2026, avec un objectif clair : décrocher sa carte pro.
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Passer pro — l'objectif ultime après l'avoir frôlé en 2025
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Améliorer le physique — travail ciblé sur les épaules, les cuisses et l'ensemble du gabarit
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Être compétitive en pro — pas juste passer pro, mais gagner des compétitions professionnelles
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Coaching sportif — transmettre ce qu'elle a appris dans des conditions extrêmes
Conclusion : quand la vie n'attend pas les conditions idéales
Amélie n'a pas le profil de l'athlète qu'on imagine en couverture d'un magazine. Pas de conditions optimales, pas de vie simple entre les séances. Un boulot physiquement et mentalement éprouvant, une maladie chronique, des horaires qui découragent.
Et pourtant elle est là. Sur scène. Avec des mois de rigueur absolue dans le corps et une détermination que peu de gens comprennent avant de l'avoir vécue de l'intérieur.
Ce qu'Amélie incarne, c'est quelque chose de précieux dans un monde sportif souvent dominé par les conditions parfaites : la preuve que la volonté, bien ancrée et bien organisée, peut compenser beaucoup de choses. Pas toutes. Mais beaucoup.
« Le bodybuilding, c'est pas un sport santé et c'est pas donné à tout le monde. Mais c'est la vie que j'ai choisie. » — Amélie
Aujourd'hui en Haute-Savoie, en pleine prise de masse, les yeux rivés sur 2026, Amélie continue. Elle ne cherche pas la facilité, elle cherche le niveau suivant.



















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